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Colline

27 octobre 2013 par Jacques Deruelle

Colline livre

Dans l’isolement physique et mental d’un minuscule hameau à flanc de coteau en Haute Provence, il y a près d’un siècle, le paysan de Colline, premier sombre récit de Jean Giono, en proie à l’infortune grandissante est aussitôt gagné par la malveillance. L’environnement perçu comme une effroyable menace réveille en lui les peurs irrationnelles et pathologiques et les actes les plus fous des anciennes superstitions.

La source qui alimente ce «débris de hameau» se tarit soudain, Marie, la fille d’Arbaud tombe ensuite malade, puis un incendie ravage les pins, menace les cultures et les maisons: les hommes qui menaient alors une vie « simple » ponctuée de coups à boire après la suée, recherchent la cause et le remède au malheur, incriminant un proche, Janet le vieux beau père de Gondran, qui n’en finit pas d’agonir le clan en agonisant sur sa paillasse. Propos délirants d’un mourant alcoolique et haineux, visité par le chat noir et qui mobilise les secrets de la terre pour mener le village à sa perte. En conclusion de ce noir constat, tous s’accordent à hâter le trépas du vieux sorcier pour se délivrer du sortilège… d’une brève manchette sous la nuque ou le coup du lapin.

Cilline auteur

Giono dresse le rude portrait d’une poignée de paysans résolument à l’écart de la Ville et de ses mauvais vents, hostiles à la science du médecin et étrangers aux civilités et à l’empathie. La perception du monde qui souffle et se meut alentour est purement manichéenne et la terre avant tout, objet de prédation. Le contexte d’anomie aux résonances médiévales terriblement dépeint par l’auteur n’a peut-être pas perdu toute réalité dans la ruralité d’aujourd’hui tant apparaissent vivaces encore, parfois, au détour de rustiques chaumières, d’obscures croyances irraisonnées notamment dans le domaine mystérieux et glacé de la relation à la mort. Face aux morsures du sort, l’inculture ravive toujours l’explication surnaturelle et archaïque.

 

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Un commentaire »

  1. Fatima dit :

    Bonjour Jacques,

    Merci de nous donner le goût de lire encore et encore.

    Je t’embrasse
    Fatima

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